l´étranger

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..... ..... Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère?
..... ..... – Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
..... ..... – Tes amis?
..... ..... – Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
..... ..... – Ta patrie?
..... ..... – J'ignore sous quelle latitude elle est située.
..... ..... – La beauté?
..... ..... – Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
..... ..... – L'or?
..... ..... – Je le hais comme vous haïssez Dieu.
..... ..... – Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
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..... – J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!

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Charles Baudelaire
Le Spleen de Paris, 1869
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2 comentários:

Heitor Amílcar disse...

agora fotografia tbém entrará nas ilustrações do balaio? legal. mais uma frente de expressão para este mais que interessante blog.

kaleidoskopein disse...

Meu "primeiro amor" na poesia foi esse texto, desde que o encontrei na capa de um caderno cultural, há quase trinta anos. E ao longo desse tempo, só tive razões para relê-lo e querer-lhe mais.